***
Avant tout, ça fait un bail (légal) que je n'ai mis les mains sur mon doux clavier afin de vous raconter les péripéties de X-Boy et cie. Les raisons: multiples. Bonnes ou mauvaises? C'est comme la météo, cela aura été, et restera, imprévisible. Je vous fais donc une rafale des dernières semaines, afin de me (vous) remettre à jour et de pouvoir recommencer à bloguer sans me sentir coincée dans le "fallait que t'écrives la suite, vilaine fille. Tu ne penses donc pas à tes lecteurs?". Oui, mais bon. Bon, oui mais. Ah et puis, bon. Allons.
***
Pour ceux et celles qui ne connaissaient pas encore le verdict qui expliquait pourquoi X-Boy devenait Schtroumpf-Boy, je vous le donne sans préliminaires (quoique). X-Boy souffre d'épilepsie. Souffre est un mot fort. Puisque X-Boy, quand il revient de ses absences (X-Boy ne peut prendre votre appel pour l'instant. Veuillez raccrocher et rappeler plus tard), il est turbo-content. Oh que oui. Je vous dépeins une crise typique de Optiz-C:
Soudainement, votre enfant vous regarde et vous fixe. Mais attention, il ne se pâme pas devant vos beaux grands yeux. Non, il se prépare à visiter une contrée super-top marrante à laquelle vous n'aurez jamais accès, bandes d'ignares. Votre enfant vous fixe, mais ne vous regarde pas, donc. Ses lèvres deviennent mauves, puis bleues, puis son visage se crispe, devient bleu lui aussi. Et les yeux se lèvent au ciel, les iris tentent de rentrer sous les paupières, la tête devient lourde et tombe sur le côté. Tout ça durera entre 10 secondes et 4 minutes. Tout dépendra du spectacle d'humour neuronien. S'il est ultra-punché, votre enfant prendra son temps. Si c'est Pierre Légaré (L'égaré... elle était facile!), il reviendra vite. Pas plaisant de se retrouver avec plus "perdu" que soi!. Et ensuite, votre enfant retrouvera ses couleurs. Les lèvres redeviennent rouge vermeil, les joues rosissent, les yeux redeviennent clairs (ou foncés s'ils sont bruns, tsé) et pour couronner le tout, votre enfant vous regarde (pour vrai) et vous fait grâce du plus beau sourire sur terre. Accompagné d'un rire franc et d'une presque tape sur les cuisses, tellement c'est marrant de partir dans ses neurones.
Ce genre de crises d'épilepsie étant plutôt rares (comme un Opitz dans un jeu de quilles en plastique), voilà pourquoi les neurologues et les cardiologues se sont penchés mutuellement sur le cas de X-Boy dès son arrivée à l'hôpital. Chacun a fait sa batterie de tests (pendant que ça survoltait dans nos coeurs de parents) et au final: la neurologie a "gagné". Grande victoire pour X-Boy puisque valait mieux prendre des penules pour contrôler l'épilepsie (si étrange soit-elle) que de se faire ouvrir le coeur et risquer d'y rester... Ouf-e.
Néanmoins, X-Boy a dû rester 8 jours à l'hôpital.
Rafale d'hôpital:
- Avoir des co-chambreurs, c'est juste cool quand on part en appartement à 16 ou 17 ans. (Quand t'as presque 4 ans et que c'est ta mère qui se tape les crises de ton coloc du même âge, jour et nuit, ce n'est PAS cool, ok.)
- Avoir une gang de résidents qui accompagnent la pédiatre en chef, ça relève de la caricature. Les jeunes sont là, la bouche grand ouverte, à regarder votre enfant se faire virer dans tous les sens (et hop, regardez ici, il n'y a pas de testicules (OOOH!), et hop, regardez là comme il n'a pas de tonus dans les cuisses (je te verrais, moi, avec de l'Ativan plein le sang, avoir du tonus dans les cuisses!) et se faire examiner sous toutes les coutures. Et ce, au-travers des barreaux de la cage... euh, s'cusez, de la bassinette. Assister à "cette évaluation" m'a fait en rire jusqu'aux petites heures avec la "mère-d'à-côté" qui a vécu la même histoire avec son fils, atteint du Kawasaki. (Les résidents en ont eu pour leur argent, frais de scolarité à la hausse ou non!). UN OPITZ-C ET UN KAWASAKI DANS LA MÊME CHAMBRE??? MAIS QUELLE AUBAINE!!!
- Attachez donc vos chiens. Parce qu'à cause d'un clébard de grande taille, X-Man est arrivé avec deux heures de retard le premier matin de l'hospitalisation. "Ben oui X-Mom.. tu ne me croiras pas, mais il y avait un chien sur Décarie et la police avait fermé la route pour pouvoir l'attraper. Ça a causé un bouchon monstre." Je la ris encore. (Et j'ai vérifé le fait. X-Man n'a pas de maîtresse. Comparativement au chien qui DEVRAIT en avoir eu une ce matin-là. Rhâââ)
- Si vous avez d'autres enfants à la maison et que vous co-chambrez avec un enfant (Opitz-C ou non) à la santé fragile, svp, avisez le personnel hospitalier qu'à la maison, ça dégueule et ça chie mou et vert. PARCE QUE TOUT LE MONDE IL VA LA POGNER, LEUR MAUDITE GASTRO OK!!! *Fait vérifié et désapprouvé. X-Boy l'a eu, je l'ai eue et X-Man aussi. On avait VRAIMENT envie (rhôôô) d'attraper cette saleté tandis que fiston faisait des crises d'épilepsie aux trois minutes (sans blague) pendant plus de quatre jours durant lesquels on n'avait pas réussi à fermer l'oeil en tant que parents exemplaires? Faut croire que oui. Et que les infirmières aussi. Fallait voir le manque de personnel jusqu'à notre départ... Yé.*
- S'il vous prend une soudaine envie de manger du bacon tôt le matin et que vous trouvez ça bon... avisez vos proches que vous n'allez vraiment pas bien. Le matin où cette envie "carnée" m'est tombée dessus, je m'interrogeais fortement à savoir si j'étais enceinte ou quoi? Enceinte oui: d'une gastro en gestation qui s'est pointée le soir même. Méfiez-vous donc des envies de bouffe qui d'ordinaire, ne vous interpelle nullement. (La mère-d'à-côté avait eu, elle aussi, ce matin-là, envie d'un sandwich aux saucisses... et elle a donné naissance à la gastro en même temps que moi!)
- Si vous avez la gastro pendant que votre fils est hospitalisé et que vous avez un amoureux-phobique-de-ladite-maladie, prémunissez-vous d'une réserve de nerfs d'acier. ET de renfort. Prévoyez que vous devrez abdiquer (malgré la colère, la honte de laisser votre enfant "là" et la tristesse de vous retrouver dans un si lamentable état physique et mental) et DEMANDEZ de l'aide à vos proches. Ne négligez pas le potentiel "maman" de votre propre mère, de votre belle-mère et de vos amis. Acceptez de rentrer à la maison et de r-é-c-u-p-é-r-e-r. Et dormez, seigneur dieu. (tout en priant St-quelque-chose de faire en sorte que X-Man survive à la gastro qu'il choppera dès que vous rentrerez tous à la maison... un homme malade, c'est une bombe nucléaire en dormance! Et quand ça "pète"... hahahha)
- Attendez-vous à ce que, lorsque ce sera votre mère qui prendra le relais pour la nuit, tout soit chamboulé et compliqué. En effet, ma mère, qui se reposait tranquillement dans le confortable lit de non-fortune auprès d'un X-Boy enfin endormi, a vu sa nuit de faire anihiler par la rentrée "urgente" d'un autre enfant dans le lit désormais libre du Kawasaki. Ainsi, à 1h00 du matin, ça hurlait, pleurait, posait 1001 questions, pitonnait sur des moniteurs, branchait-piquait-fatigait-le-bébé sans se "souvenir" qu'à côté, il y avait un enfant nouvellement épileptique qui en avait bavé pour sa part ces derniers temps. Qui plus est, ma mère comprendra à travers les branches du rideau-mur que ledit nouvel enfant a une maladie infectieuse contagieuse (!!!) et que OH, il faudrait changer X-Boy de chambre là là. Ben oui, quelle bonne idée. Ainsi, votre mère, à 3h00 du matin, déménagera ses (et vos) pénates dans une luxueuse chambre à 4 enfants. Plus 4 parents. Ce qui fait un total de 4 hurleurs nocturnes plus une possibilité d'au moins 2 ronfleurs qui n'entendent pas, eux, leur enfant hurler ni la saprée machine à saturation d'oxygène qui se débranche toute la nuit. Bref, votre mère ne dormira PAS. Mais trouvera le moyen de rigoler au petit matin, parce qu'elle est comme vous, elle a un sens de l'humour à tout casser. (Sauf les bonnes gueules!)
- Préparez-vous à revenir à l'hôpital et à ne pas vous en sentir capable, puisque malgré votre forte détermination, après une journée à la maison, votre gastro n'est PAS terminée. Dès votre rentrée dans cet hôtel du virus amical, vous aurez le vertige, la nausée, le mal de ventre immédiat et cette envie de tout détruire sur votre passage. Y compris le personnel qui vous apparaîtra soudainement comme étant d'une incompétence telle... alors que deux jours avant, vous les trouviez charmants. Mettez votre orgueil de côté, votre colère dans vos poches, ravalez le motton d'injustice qui vous donne envie de hurler et acceptez l'aide de vos amis qui prennent le "relais" en attendant que votre belle-mère vienne aussi profiter d'une nuit gratuite au paradis de dodo-non-réparateur. Quittez l'hôpital en maudissant la vie et en convainquant X-Man que les gargouillis dans son ventre ne sont que les résultats du stress. (pffff)
- Quand on vous annoncera que votre enfant peut quitter l'hôpital, prévoyez un bon quatre heures d'attente insupportable dans votre cagibi aux murs dépeints. En effet, c'est donc looooong de remplir des prescriptions et de vous les donner. Surtout si la pharmacie est dans le MÊME établissement, les procédures n'en seront que plus longues. Prenez bien note qu'il sera plus avantageux de "demander les papiers et de les donner vous-mêmes à VOTRE pharmacien" que de les laisser dans les mains des "pros". Vérifié et approuvé. On a sauvé deux heures d'attente. Ouf-e.
- Quand vous rentrerez à la maison avec votre enfant épileptique, préparez-vous au choc de la solitude. Du questionnement et de la surveillance perpétuel. "Est-il correct? Ses lèvres sont-elles bleues? Respire-t-il? Dort-il? Est-il en vie? Et s'il faisait un crise cette nuit? Et si les médicaments ne sont pas les bons? Et surtout, s'il fallait retourner à l'hôpital demain, comment va-t-on faire???" Bref, préparez-vous à paranoïer, à encore moins dormir parce que trop de silence tout à coup dans votre maison, à n'être plus capable de manger de peur d'être malade à nouveau. Bref, préparez-vous à l'angoisse. Même si vous croyiez y être habitués. Elle sera plus poignante et dérangeante. Jusqu'à ce que vous lâchiez prise et que vous compreniez que hey, chose, tout le monde peut mourir dans son sommeil, épileptique ou non. Alors dors, bordel, parce que la vie continue. Et si tu continues à angoisser ainsi, tu feras un infarctus à 40 ans et ça sera bien utile, hein? Non.
- Préparez-vous à avoir moins de temps pour bloguer.
Hahahah. (C'est drôle, ça? Non. Mais vaut mieux en rire: c'est devenu votre nouvelle philosophie.)
"Nouvelle" philosophie. Non... On vous a souvent répété que c'est ainsi que vous passez "au travers".
Mais ça, vous l'oubliez souvent. Car vous croyez toujours que rien de pire n'arrivera.
Et puis, un jour, vous devrez cocher une nouvelle case dans les formulaires médicaux.
***
Épilepsie: check.
***
Gestionnaire de penules: check.
***
Folle du logis: nan. Pas encore, la la lère.
X-Mom
Quand les supers-héros sont parmi nous... et qu'ils vivent à Ste-Banlieue!
mercredi 16 mai 2012
mardi 1 mai 2012
Schtroumpfboy Partie 3!
Pas déjà vous dites-vous? Ben moi aussi, je me dis ça. Le rêve d'une blogueuse-mère-thérapeute-en-son-genre? Avoir DU TEMPS SEULE et surtout, avoir de l'énergie pour écrire d'un trait... sans devoir m'arrêter toutes les 46 secondes pour causes multiples et multiples causes.
***
X-Boy est arrivé à Ste-Justine, donc, en fin d'après-midi. À l'urgence, on nous a accueilli rapidement et très professionnellement. En moins d'une heure, on était installé dans une chambre "d'attente" avant d'être transféré au 6e en pédiatrie dans la soirée. Ce qui fait qu'à 18h00, j'ai diné. Oui oui... car ce midi-là, au lieu de me goinfrer dans un quelconque repas du samedi, j'étais dans une salle d'attente de clinique à réanimer mon fiston. Allez savoir, on fait des choix étranges dans une vie, hein?
Ce préambule étant écrit (ai-je réussi à m'asseoir pour écrire plus qu'une minute?!? Oui!!!!!!!!! Allez, on applaudit la petite victoire de la semaine!), je peux me concentrer sur
La Formidable aventure de Schtoumpf-Boy au Pays de Ste-Justine (musique mélodramatique)
Chambre 6318. La préposée ouvre la porte, fait rouler X-Boy dans sa bassinette de luxe (aux urgences, on a de la classe) et le transfère dans une bassinette désuette en métal lette et aux barreaux frettes. (Rimes en "ettes", cochez ici) En se rendant à la bassinette-lette, on passe devant une mère (asiatique) qui tient son gamin-hurleur et parle tout bas à son mari (égyptien, on suppose) qui lui, nous dit d'une voix très douce: "il n'y a rien de plus injuste qu'un enfant malade". Ce à quoi ni X-Man ni moi avons répliqué à la blague, comme nous l'aurions fait d'habitude... étant des habitués de l'ironie en situation d'urgence. Non, cette fois-ci, le climat était à la sériosité et l'injustice criait et hurlait dans tous les corridors.
Une infirmière vient se présenter, prend les signes vitaux de X-Boy et nous pouvons lui montrer, en quelques minutes, plusieurs épisodes de lèvres bleues qui lui font appeler d'urgence la pédiatre de l'étage. Celle-ci n'étant plus là à cette heure, on nous envoie un résident qui observe attentivement X-Boy alors qu'on lui donne le masque à oxygène et il demande qu'on lui redonne de l'Ativan afin de le stabiliser à nouveau. L'infirmière commande le médicament, le résident nous interroge à nouveau et en vient aux suppositions suivantes: X-Boy fait des convulsions, ce qui pourrait indiquer qu'il fait de l'épilepsie (musique dramatique), mais ce qui est étrange, c'est qu'il devienne bleu et qu'il cesse aussi souvent de respirer, ce qui pourrait indiquer un problème cardiaque (musique plus dramatique).
- ??? et pour cette nuit.. il se passe quoi, dirent des parents ultra-inquiets.
- Il sera stable pour cette nuit. Avec l'Ativan, il va être "amoché" un peu et il dormira sûrement par vagues. Probablement qu'il va pleurer beaucoup et sera irritable. Mais dès demain matin, la neurologue et la cardiologue vont venir vous voir afin de pouvoir tirer une conclusion. Pour la nuit, les infirmières sont là et elles passeront aux heures afin de s'assurer qu'il sera bien. Vous savez, si c'est de l'épilepsie, il pourra faire plusieurs crises pendant la nuit et vous ne pourrez pas le savoir, puisque vous dormirez.
- Vous croyez que je vais dormir en me disant ça?!? (Je répondais au "je" car c'est moi la grande chanceuse qui dort à l'hôpital avec le petit)
- ...
- X-Mom blague, Docteur.. elle a un grand sens de l'humour...
- Ah non, X-Man. Je ne blague pas. Déjà que je ne dormais que d'un oeil plusieurs nuits pas mois avec toutes les bebittes que X-Boy a attrapées, maintenant, je me prends un abonnement à du speed-intra-veineux pour le veiller, oui!!! Pas question que je le laisse faire des crises toute la nuit!!!
- X-Mom... il faut comprendre que les crises de X-Boy, s'il s'agit d'épilepsie, car rien n'est confirmé, ne sont pas graves... En ce sens qu'elles sont plutôt des absences et qu'il en revient en riant, comme je l'ai vu tantôt. Bon, ce n'est pas parce que c'est amusant pour lui d'avoir des absences, mais ça ne semble pas l'épuiser comme le font les grandes crises d'épilepsie. Il ne peut pas manquer d'oxygène, il est branché et les infirmières seront là. Sérieusement, vous pouvez et vous devez essayer de dormir. Pour être en forme pour les jours qui suivront...
- Mmm. Vous avez raison, probablement. Ce n'est juste pas très évident d'accepter que mon fils ne sera pas "bien" plusieurs fois dans la nuit... et que je ne peux rien faire pour l'aider.
- En effet. Bon, j'ai pris toutes les notes nécessaires pour faire un rapport à la pédiatre, je vous quitte et je vais voir les autres patients de l'étage. S'il y a quoi que ce soit qui vous inquiète, vous sonnez ici sur le bouton rouge et on viendra vous voir. Ça va aller?
- Mmm.
Le résident est parti, X-Man m'a pris dans ses bras. Le bal des questions existentielles a commencé. Et si c'est de l'épilepsie? Et si c'est le coeur? Et si c'est pire que le coeur et l'épilepsie? Et si c'est un cancer du cerveau? Et s'il ne se réveillait pas demain et que je ne m'en aperçois pas? Et si moi, (X-Man), je ne suis pas ici cette nuit et que ça tourne mal, je ne m'en remettrai pas... Et si les étudiants bloquent le pont demain matin, je peux avoir le numéro d'une hélicoptère?!?
On en était là de nos réflexions toutes plus utiles les unes que les autres quand dans la bassinette-lette d'à côté, le petit recommence à hurler. L'infirmière arrive à son chevet et les deux parents discutent calmement, mais nerveusement. C'est alors qu'on entend le mot "contagion" et "accès contrôlé à la chambre" et que nous arrêtons de respirer. La mère du petit demande des explications claires:
- Mais à l'urgence, on nous a assuré que ce n'est nullement contagieux et là, vous nous mettez en isolement? Qu'est-ce que ça veut dire? On a deux autres enfants à la maison, Madame...
- Non non non, ils se sont trompés dans les cas d'isolement. Votre fils n'est nullement contagieux. Mais nous devons attendre demain que la pédiatre confirme que la contagion est nulle avant de retirer l'affiche que l'on vient d'installer dans votre porte de chambre.
- D'accord. Merci.
L'infirmière est repartie et je ne pouvais pas respirer très bien sur le coup. Tout bas à X-Man:
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire de confusion? Et de contagion? C'est quoi l'affaire-là, hein? On nous fout dans une chambre avec un enfant contagieux sans nous en aviser? C'est supposé d'être drôle comme erreur, ça? Et c'est quoi, sa maladie au petit, hein? On va tous l'attraper et en crever tant qu'à y être? Bravo bravo l'équipe de soir... je vous décerne un prix, là!!!
- X-Mom.. calme-toi. On va sûrement nous rassurer.
J'ai pesé sur le bouton rouge. Panique de mère oblige.
L'infirmière est arrivée tout de go.
- Madame L'Infirmière... Vous pouvez nous dire si oui ou non, le petit garçon dans le lit d'à côté... qui est séparé du mien par un mince rideau décoratif, est contagieux? Parce que ce n'est comme pas la joie d'apprendre ça à cette minute précise de la journée...
- Non non non, X-Mom. Il y a vraiment eu une erreur d'affichage. Le petit garçon a un virus très rare qui ne s'attrape pas.
- Mais c'est un virus. Et qui dit virus dit: s'attrape, non?
- Oui, mais non. Il a eu un virus au départ qui s'est transformée en cette maladie. Une très mauvaise transformation, quoi.
- Mmm. Je comprends. Mais vous êtes sûre que X-Boy n'est pas en danger?
- Oui X-Mom, vous pouvez dormir tranquille.
- Mmm. Merci.
***
Bon là, j'ai eu envie de péter une coche sur la réplique "dormir tranquille". Ça ne calmera jamais une mère dans un hôpital, franchement. Autant lui dire qu'en ce moment, elle a un teint de pêche et des cheveux resplendissants. De la crédibilité pure. Ouh là.
***
Le père du petit co-chambreur s'est adressé à nous. (Il écoute aux rideaux!?! Tsss... comme si on faisait ça, nous!!!)
- Bonsoir... vous avez raison d'avoir eu peur. Mais je vous assure que ce n'est pas contagieux. Notre fils a la maladie de Kawasaki. C'est très très rare... et très dangereux. Ça attaque directement le coeur et ça peut causer un arrêt cardiaque.
- Kawasaki? (Je n'ai pu m'empêcher...) Comme la moto?
- Oui oui.. comme la moto. Étrange nom, hein?
- En effet. Mais le nôtre il a le syndrome de Opitz-C. Mais ce n'est pas une marque de voiture. Hahaha.
On a tous ri. Je ne pourrais dire si c'était un rire sincère, nerveux ou fataliste. Dans la même chambre de cet hôpital, se trouvaient deux oisillons rares.
Et à leurs côtés, des parents nerveux comme des poules pas de tête.
Bref, c'était un peu la basse-cour dans cette pièce exigue, où de surcroît, il fallait veiller fort au grain.
***
C'est pas vrai que je fais du jeu sémantique de poulailler!!! Vous savez ce que ça veut dire?
Va te coucher, X-Mom.
Avant que le coq ne chante trois fois...
Doux Jésus.. je fais dans la parabole biblique?
Cela fera. On se retrouve dans... aucune idée.
Mais on se retrouvera.
***
***
X-Boy est arrivé à Ste-Justine, donc, en fin d'après-midi. À l'urgence, on nous a accueilli rapidement et très professionnellement. En moins d'une heure, on était installé dans une chambre "d'attente" avant d'être transféré au 6e en pédiatrie dans la soirée. Ce qui fait qu'à 18h00, j'ai diné. Oui oui... car ce midi-là, au lieu de me goinfrer dans un quelconque repas du samedi, j'étais dans une salle d'attente de clinique à réanimer mon fiston. Allez savoir, on fait des choix étranges dans une vie, hein?
Ce préambule étant écrit (ai-je réussi à m'asseoir pour écrire plus qu'une minute?!? Oui!!!!!!!!! Allez, on applaudit la petite victoire de la semaine!), je peux me concentrer sur
La Formidable aventure de Schtoumpf-Boy au Pays de Ste-Justine (musique mélodramatique)
Chambre 6318. La préposée ouvre la porte, fait rouler X-Boy dans sa bassinette de luxe (aux urgences, on a de la classe) et le transfère dans une bassinette désuette en métal lette et aux barreaux frettes. (Rimes en "ettes", cochez ici) En se rendant à la bassinette-lette, on passe devant une mère (asiatique) qui tient son gamin-hurleur et parle tout bas à son mari (égyptien, on suppose) qui lui, nous dit d'une voix très douce: "il n'y a rien de plus injuste qu'un enfant malade". Ce à quoi ni X-Man ni moi avons répliqué à la blague, comme nous l'aurions fait d'habitude... étant des habitués de l'ironie en situation d'urgence. Non, cette fois-ci, le climat était à la sériosité et l'injustice criait et hurlait dans tous les corridors.
Une infirmière vient se présenter, prend les signes vitaux de X-Boy et nous pouvons lui montrer, en quelques minutes, plusieurs épisodes de lèvres bleues qui lui font appeler d'urgence la pédiatre de l'étage. Celle-ci n'étant plus là à cette heure, on nous envoie un résident qui observe attentivement X-Boy alors qu'on lui donne le masque à oxygène et il demande qu'on lui redonne de l'Ativan afin de le stabiliser à nouveau. L'infirmière commande le médicament, le résident nous interroge à nouveau et en vient aux suppositions suivantes: X-Boy fait des convulsions, ce qui pourrait indiquer qu'il fait de l'épilepsie (musique dramatique), mais ce qui est étrange, c'est qu'il devienne bleu et qu'il cesse aussi souvent de respirer, ce qui pourrait indiquer un problème cardiaque (musique plus dramatique).
- ??? et pour cette nuit.. il se passe quoi, dirent des parents ultra-inquiets.
- Il sera stable pour cette nuit. Avec l'Ativan, il va être "amoché" un peu et il dormira sûrement par vagues. Probablement qu'il va pleurer beaucoup et sera irritable. Mais dès demain matin, la neurologue et la cardiologue vont venir vous voir afin de pouvoir tirer une conclusion. Pour la nuit, les infirmières sont là et elles passeront aux heures afin de s'assurer qu'il sera bien. Vous savez, si c'est de l'épilepsie, il pourra faire plusieurs crises pendant la nuit et vous ne pourrez pas le savoir, puisque vous dormirez.
- Vous croyez que je vais dormir en me disant ça?!? (Je répondais au "je" car c'est moi la grande chanceuse qui dort à l'hôpital avec le petit)
- ...
- X-Mom blague, Docteur.. elle a un grand sens de l'humour...
- Ah non, X-Man. Je ne blague pas. Déjà que je ne dormais que d'un oeil plusieurs nuits pas mois avec toutes les bebittes que X-Boy a attrapées, maintenant, je me prends un abonnement à du speed-intra-veineux pour le veiller, oui!!! Pas question que je le laisse faire des crises toute la nuit!!!
- X-Mom... il faut comprendre que les crises de X-Boy, s'il s'agit d'épilepsie, car rien n'est confirmé, ne sont pas graves... En ce sens qu'elles sont plutôt des absences et qu'il en revient en riant, comme je l'ai vu tantôt. Bon, ce n'est pas parce que c'est amusant pour lui d'avoir des absences, mais ça ne semble pas l'épuiser comme le font les grandes crises d'épilepsie. Il ne peut pas manquer d'oxygène, il est branché et les infirmières seront là. Sérieusement, vous pouvez et vous devez essayer de dormir. Pour être en forme pour les jours qui suivront...
- Mmm. Vous avez raison, probablement. Ce n'est juste pas très évident d'accepter que mon fils ne sera pas "bien" plusieurs fois dans la nuit... et que je ne peux rien faire pour l'aider.
- En effet. Bon, j'ai pris toutes les notes nécessaires pour faire un rapport à la pédiatre, je vous quitte et je vais voir les autres patients de l'étage. S'il y a quoi que ce soit qui vous inquiète, vous sonnez ici sur le bouton rouge et on viendra vous voir. Ça va aller?
- Mmm.
Le résident est parti, X-Man m'a pris dans ses bras. Le bal des questions existentielles a commencé. Et si c'est de l'épilepsie? Et si c'est le coeur? Et si c'est pire que le coeur et l'épilepsie? Et si c'est un cancer du cerveau? Et s'il ne se réveillait pas demain et que je ne m'en aperçois pas? Et si moi, (X-Man), je ne suis pas ici cette nuit et que ça tourne mal, je ne m'en remettrai pas... Et si les étudiants bloquent le pont demain matin, je peux avoir le numéro d'une hélicoptère?!?
On en était là de nos réflexions toutes plus utiles les unes que les autres quand dans la bassinette-lette d'à côté, le petit recommence à hurler. L'infirmière arrive à son chevet et les deux parents discutent calmement, mais nerveusement. C'est alors qu'on entend le mot "contagion" et "accès contrôlé à la chambre" et que nous arrêtons de respirer. La mère du petit demande des explications claires:
- Mais à l'urgence, on nous a assuré que ce n'est nullement contagieux et là, vous nous mettez en isolement? Qu'est-ce que ça veut dire? On a deux autres enfants à la maison, Madame...
- Non non non, ils se sont trompés dans les cas d'isolement. Votre fils n'est nullement contagieux. Mais nous devons attendre demain que la pédiatre confirme que la contagion est nulle avant de retirer l'affiche que l'on vient d'installer dans votre porte de chambre.
- D'accord. Merci.
L'infirmière est repartie et je ne pouvais pas respirer très bien sur le coup. Tout bas à X-Man:
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire de confusion? Et de contagion? C'est quoi l'affaire-là, hein? On nous fout dans une chambre avec un enfant contagieux sans nous en aviser? C'est supposé d'être drôle comme erreur, ça? Et c'est quoi, sa maladie au petit, hein? On va tous l'attraper et en crever tant qu'à y être? Bravo bravo l'équipe de soir... je vous décerne un prix, là!!!
- X-Mom.. calme-toi. On va sûrement nous rassurer.
J'ai pesé sur le bouton rouge. Panique de mère oblige.
L'infirmière est arrivée tout de go.
- Madame L'Infirmière... Vous pouvez nous dire si oui ou non, le petit garçon dans le lit d'à côté... qui est séparé du mien par un mince rideau décoratif, est contagieux? Parce que ce n'est comme pas la joie d'apprendre ça à cette minute précise de la journée...
- Non non non, X-Mom. Il y a vraiment eu une erreur d'affichage. Le petit garçon a un virus très rare qui ne s'attrape pas.
- Mais c'est un virus. Et qui dit virus dit: s'attrape, non?
- Oui, mais non. Il a eu un virus au départ qui s'est transformée en cette maladie. Une très mauvaise transformation, quoi.
- Mmm. Je comprends. Mais vous êtes sûre que X-Boy n'est pas en danger?
- Oui X-Mom, vous pouvez dormir tranquille.
- Mmm. Merci.
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Bon là, j'ai eu envie de péter une coche sur la réplique "dormir tranquille". Ça ne calmera jamais une mère dans un hôpital, franchement. Autant lui dire qu'en ce moment, elle a un teint de pêche et des cheveux resplendissants. De la crédibilité pure. Ouh là.
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Le père du petit co-chambreur s'est adressé à nous. (Il écoute aux rideaux!?! Tsss... comme si on faisait ça, nous!!!)
- Bonsoir... vous avez raison d'avoir eu peur. Mais je vous assure que ce n'est pas contagieux. Notre fils a la maladie de Kawasaki. C'est très très rare... et très dangereux. Ça attaque directement le coeur et ça peut causer un arrêt cardiaque.
- Kawasaki? (Je n'ai pu m'empêcher...) Comme la moto?
- Oui oui.. comme la moto. Étrange nom, hein?
- En effet. Mais le nôtre il a le syndrome de Opitz-C. Mais ce n'est pas une marque de voiture. Hahaha.
On a tous ri. Je ne pourrais dire si c'était un rire sincère, nerveux ou fataliste. Dans la même chambre de cet hôpital, se trouvaient deux oisillons rares.
Et à leurs côtés, des parents nerveux comme des poules pas de tête.
Bref, c'était un peu la basse-cour dans cette pièce exigue, où de surcroît, il fallait veiller fort au grain.
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C'est pas vrai que je fais du jeu sémantique de poulailler!!! Vous savez ce que ça veut dire?
Va te coucher, X-Mom.
Avant que le coq ne chante trois fois...
Doux Jésus.. je fais dans la parabole biblique?
Cela fera. On se retrouve dans... aucune idée.
Mais on se retrouvera.
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vendredi 20 avril 2012
NDLR. (J'aime cette abréviation. Ça fait journalistique!)
Je précise ici que X-Boy va bien depuis sa sortie de l'hôpital... Je m'aperçois que j'écris les "épisodes" de sa mésaventure au Schtroumpfland avec un vilain plaisir de rédactrice: c'est-à-dire sans penser que tous mes lecteurs ne "savent pas" la suite des événements...
Alors avant que vous n'ayez les ongles complètement rongés à ne pas savoir ce qu'a eu X-Boy et comment il se porte: je vous le répète: X-Boy va bien, maintenant.
Je retourne à la rédaction de mon feuilleton.
Et je poste mon cv à Farouche (nom commun de Fabienne Larouche, hahaha) afin de lui montrer mes talents de "suspenseuse"!!!
Hahaha.
Alors avant que vous n'ayez les ongles complètement rongés à ne pas savoir ce qu'a eu X-Boy et comment il se porte: je vous le répète: X-Boy va bien, maintenant.
Je retourne à la rédaction de mon feuilleton.
Et je poste mon cv à Farouche (nom commun de Fabienne Larouche, hahaha) afin de lui montrer mes talents de "suspenseuse"!!!
Hahaha.
jeudi 19 avril 2012
Pause publicitaire: ambulance 101!
Je voulais mettre en exergue mon anecdote en ambulance... n'étant pas très substantielle à mon récit de Schtroumpfboy...
Allez hop, X-Mom embarque dans l'ambulance! Vrouuuuuummmm!
Tout d'abord, une ambulance, c'est haut. Mesurer 5 pi 1 c'est bien mignon quand on veut passer inaperçue au Pays des Nains, mais pour embarquer dans le camion jaune fluo, ça demande de l'adresse. Et quand on a pleuré et paniqué comme une dinde pas de tête depuis plusieurs minutes, il faut ESCALADER le marche-pied sans tomber. Surprise: j'ai réussi. Ouaip. Facile de même. Avouez que vous étiez convaincus que j'étais tombée face première contre le siège? Mais non. Je ne peux pas toujours être hot dans la vie. Tsss.
Je me suis donc assise sur la gros siège de cuir gris et j'ai observé furtivement le conducteur. Jeune... pour ne pas dire très jeune. Mon coeur de peureuse s'est fait aller le pompom. Dans les urgences, je préfère les vieux bedonnants qui ont 10305215 histoires à raconter. Chacun ses chouchous, hein? Ainsi, Jeune-Ambulancier a démarré le moteur. Ça vrombissait. Wow. Malgré mes neurones surchauffées par le stress de savoir X-Boy dans la civière derrière moi, j'ai trouvé le moyen de me développer le côté macho-homme-à-char et de poser des questions typiquement masculines. (Ben quoi, si X-Boy parlait, il voudrait savoir ces affaires-là!!!)
- Jeune-Ambulancier, dites-moi... C'est quoi la limite de vitesse pour une ambulance?
- Dans les zones de 50, c'est 70 maximum. Et sur l'autoroute, c'est 120. On a une marge de 20 km/h de plus que la limite permise.
- Ah oui? Je croyais que vous pouviez rouler à n'importe quelle vitesse?
- Non... on croit ça à tort...
- La télé et les films, hein?
- En effet... Comme ici, vous voyez, je vais partir la sirène pour signaler que je veux traverser le feu rouge et pour que les conducteurs s'arrêtent.
- Wow.
- C'est impressionnant, hein?
- Oui. Mais hé... j'ai l'air de quoi là? De la mère totalement indigne qui trippe à se balader en ambulance... bravo X-Mom!!!
- Hihihi... Ne vous sentez pas mal, X-Mom... Vaut mieux que vous vous occupiez l'esprit à autre chose quelques minutes... Je ne vous juge pas, vous savez.
- Mmm. Je ne veux pas passer pour la mère qui se fout de son fils.
- Vous n'avez pas l'air de ça... rassurez-vous.
- C'est vrai... je devrais arrêter de culpabiliser de ne pas pleurer à toutes les secondes...
- Mmm.
Finalement, pour un jeune, il avait les neurones réflexionneuses en fonction. Je me suis vue rassurée.
- Dites-moi, Jeune-Ambulancier... Quand les gens ne se tassent pas pour vous laisser passer, qu'est-ce que vous faites?
- On attend. On n'a pas le choix d'attendre. On ne va jamais risquer de faire un accident pour passer à tout prix. Les gens finissent par comprendre. Et tant qu'ils ne comprennent pas, nous, on fait aller nos sirènes. Ça leur rappelle notre présence.
- En effet, c'est difficile à oublier. (À ce moment, il y avait justement un imbécile dans son Hummer qui ne se tassait pas...)
- Vous savez, X-Mom.. on finit par reconnaître le genre de conducteurs qui ne se tasseront pas...
- Comme celui-ci?
- Oui.
L'ambulancier devait absolument prendre sa place dans la voie de droite à ce moment-là (nous étions rendus à l'entrée de Montréal = traffic) et il a amorcé un déplacement pour se tasser. Sauf que OUPS, il a accroché le miroir du conducteur du fameux Hummer.
- Oh. (Cri mutuel dans l'ambulance)
Jeune-Ambulancier a baissé ma vitre. Parce que oui, c'était de mon côté que ça venait de se passer. La frousse que j'ai eue!!! Il a dit froidement:
- Excusez-moi Monsieur... Votre miroir s'est tout simplement fermé.. Tout va bien.
Le miroir du Hummer avait cette chance d'être mobile. Donc aucun dégât. Sauf que le chauffeur, un jeune frustré, a baissé sa vitre et a gueulé en anglais:
- You stupid bastard!!! Watch out for the mirror, fucker!!!
La gueule que je lui ai faite à ce con. Non mais, pauvre idiot qui conduit un maudit VUS dans une ville surpeuplée-surpolluée juste parce qu'il faut que tu montres que t'es pas complexé de la couille, tu te rends compte que dans une ambulance, il y a des humains en danger de mort???? Tu veux que je te montre c'est quoi, un mère sur les nerfs qui s'en tape total de l'état de ton bolide frotté à l'huile d'argan?!?!? Approche un peu, que je te gifle les joujoues avec mes mains remplies de griffes... Tu ne le sais pas, mais je suis la femme de X-Man... alors des griffes, j'en ai quand j'en veux!!!
Tandis que je divaguais sur le nombre de coups de gueule que j'aurais pu lui faire, Jeune-Ambulancier a continué son trajet en ne se préoccupant nullement de cet incident mineur.
- X-Mom... vous êtes correcte?
- Hein? Moi? Oui... mais lui, par contre... pauvre con!!! S'cusez le mot...
- Hihihi.
Toutefois, je sentais que Jeune-Ambulancier avait été ébranlé par ledit incident. Sa façon de conduire était un peu plus nerveuse.
- Dites-moi, Jeune-Ambulancier, vous avez des enfants? (Façon détournée de savoir son expérience...)
- Ah non. Je n'ai que 21 ans. Ça fait un an que je suis ambulancier.
- Ah ok. Vous aimez ça?
- J'adore ça.
- Une chance...
On a continué à rouler. Sauf que la nervosité avait gagné du terrain et que si je n'avais pas eu le réflexe de mentionner le fait que la voiture devant nous était "arrêtée", on l'aurait emboutie. Carrément! À cet instant, Jeune-Ambulancier pianotait rapidement sur son GPS pour trouver son chemin vers Ste-Justine... Une autre victime de la technologie au volant.
À l'arrière, ça a crié un bref instant. L'ambulance a freiné tellement sèchement... par chance qu'on était attaché.
Jeune-Ambulancier s'est excusé à toute l'équipe et m'a remerciée.
- De rien... je ne savais pas si je pouvais vous avertir..
- Vous avez bien fait, X-Mom. Vous avez des anges avec vous...
- Oui, vous l'avez sur votre civière!
Sourires communs.
***
Et soupirs de soulagement.
Allez hop, X-Mom embarque dans l'ambulance! Vrouuuuuummmm!
Tout d'abord, une ambulance, c'est haut. Mesurer 5 pi 1 c'est bien mignon quand on veut passer inaperçue au Pays des Nains, mais pour embarquer dans le camion jaune fluo, ça demande de l'adresse. Et quand on a pleuré et paniqué comme une dinde pas de tête depuis plusieurs minutes, il faut ESCALADER le marche-pied sans tomber. Surprise: j'ai réussi. Ouaip. Facile de même. Avouez que vous étiez convaincus que j'étais tombée face première contre le siège? Mais non. Je ne peux pas toujours être hot dans la vie. Tsss.
Je me suis donc assise sur la gros siège de cuir gris et j'ai observé furtivement le conducteur. Jeune... pour ne pas dire très jeune. Mon coeur de peureuse s'est fait aller le pompom. Dans les urgences, je préfère les vieux bedonnants qui ont 10305215 histoires à raconter. Chacun ses chouchous, hein? Ainsi, Jeune-Ambulancier a démarré le moteur. Ça vrombissait. Wow. Malgré mes neurones surchauffées par le stress de savoir X-Boy dans la civière derrière moi, j'ai trouvé le moyen de me développer le côté macho-homme-à-char et de poser des questions typiquement masculines. (Ben quoi, si X-Boy parlait, il voudrait savoir ces affaires-là!!!)
- Jeune-Ambulancier, dites-moi... C'est quoi la limite de vitesse pour une ambulance?
- Dans les zones de 50, c'est 70 maximum. Et sur l'autoroute, c'est 120. On a une marge de 20 km/h de plus que la limite permise.
- Ah oui? Je croyais que vous pouviez rouler à n'importe quelle vitesse?
- Non... on croit ça à tort...
- La télé et les films, hein?
- En effet... Comme ici, vous voyez, je vais partir la sirène pour signaler que je veux traverser le feu rouge et pour que les conducteurs s'arrêtent.
- Wow.
- C'est impressionnant, hein?
- Oui. Mais hé... j'ai l'air de quoi là? De la mère totalement indigne qui trippe à se balader en ambulance... bravo X-Mom!!!
- Hihihi... Ne vous sentez pas mal, X-Mom... Vaut mieux que vous vous occupiez l'esprit à autre chose quelques minutes... Je ne vous juge pas, vous savez.
- Mmm. Je ne veux pas passer pour la mère qui se fout de son fils.
- Vous n'avez pas l'air de ça... rassurez-vous.
- C'est vrai... je devrais arrêter de culpabiliser de ne pas pleurer à toutes les secondes...
- Mmm.
Finalement, pour un jeune, il avait les neurones réflexionneuses en fonction. Je me suis vue rassurée.
- Dites-moi, Jeune-Ambulancier... Quand les gens ne se tassent pas pour vous laisser passer, qu'est-ce que vous faites?
- On attend. On n'a pas le choix d'attendre. On ne va jamais risquer de faire un accident pour passer à tout prix. Les gens finissent par comprendre. Et tant qu'ils ne comprennent pas, nous, on fait aller nos sirènes. Ça leur rappelle notre présence.
- En effet, c'est difficile à oublier. (À ce moment, il y avait justement un imbécile dans son Hummer qui ne se tassait pas...)
- Vous savez, X-Mom.. on finit par reconnaître le genre de conducteurs qui ne se tasseront pas...
- Comme celui-ci?
- Oui.
L'ambulancier devait absolument prendre sa place dans la voie de droite à ce moment-là (nous étions rendus à l'entrée de Montréal = traffic) et il a amorcé un déplacement pour se tasser. Sauf que OUPS, il a accroché le miroir du conducteur du fameux Hummer.
- Oh. (Cri mutuel dans l'ambulance)
Jeune-Ambulancier a baissé ma vitre. Parce que oui, c'était de mon côté que ça venait de se passer. La frousse que j'ai eue!!! Il a dit froidement:
- Excusez-moi Monsieur... Votre miroir s'est tout simplement fermé.. Tout va bien.
Le miroir du Hummer avait cette chance d'être mobile. Donc aucun dégât. Sauf que le chauffeur, un jeune frustré, a baissé sa vitre et a gueulé en anglais:
- You stupid bastard!!! Watch out for the mirror, fucker!!!
La gueule que je lui ai faite à ce con. Non mais, pauvre idiot qui conduit un maudit VUS dans une ville surpeuplée-surpolluée juste parce qu'il faut que tu montres que t'es pas complexé de la couille, tu te rends compte que dans une ambulance, il y a des humains en danger de mort???? Tu veux que je te montre c'est quoi, un mère sur les nerfs qui s'en tape total de l'état de ton bolide frotté à l'huile d'argan?!?!? Approche un peu, que je te gifle les joujoues avec mes mains remplies de griffes... Tu ne le sais pas, mais je suis la femme de X-Man... alors des griffes, j'en ai quand j'en veux!!!
Tandis que je divaguais sur le nombre de coups de gueule que j'aurais pu lui faire, Jeune-Ambulancier a continué son trajet en ne se préoccupant nullement de cet incident mineur.
- X-Mom... vous êtes correcte?
- Hein? Moi? Oui... mais lui, par contre... pauvre con!!! S'cusez le mot...
- Hihihi.
Toutefois, je sentais que Jeune-Ambulancier avait été ébranlé par ledit incident. Sa façon de conduire était un peu plus nerveuse.
- Dites-moi, Jeune-Ambulancier, vous avez des enfants? (Façon détournée de savoir son expérience...)
- Ah non. Je n'ai que 21 ans. Ça fait un an que je suis ambulancier.
- Ah ok. Vous aimez ça?
- J'adore ça.
- Une chance...
On a continué à rouler. Sauf que la nervosité avait gagné du terrain et que si je n'avais pas eu le réflexe de mentionner le fait que la voiture devant nous était "arrêtée", on l'aurait emboutie. Carrément! À cet instant, Jeune-Ambulancier pianotait rapidement sur son GPS pour trouver son chemin vers Ste-Justine... Une autre victime de la technologie au volant.
À l'arrière, ça a crié un bref instant. L'ambulance a freiné tellement sèchement... par chance qu'on était attaché.
Jeune-Ambulancier s'est excusé à toute l'équipe et m'a remerciée.
- De rien... je ne savais pas si je pouvais vous avertir..
- Vous avez bien fait, X-Mom. Vous avez des anges avec vous...
- Oui, vous l'avez sur votre civière!
Sourires communs.
***
Et soupirs de soulagement.
mardi 17 avril 2012
Schtroumpf-Boy: Partie 2
- Des convulsions, Docteur? Mais il convulse sans raison? Pas de fièvre? Et il trouve ça "drôle"?
- X-Boy ne trouve pas ça drôle, X-Mom... je ne sais pas pourquoi il en revient aussi heureux.. mais il faut trouver pourquoi il en fait, des convulsions? S'il devient bleu, X-Mom, c'est qu'il ne respire plus...
J'ai cessé de respirer. Ma mère aussi. Les ambulanciers sont arrivés dans la salle d'observation. Deux gros monsieurs moustachus (même pas en novembre!) au sourire compatissant devant des visages maternels dévastés par les larmes et l'angoisse.
- X-Mom... avez-vous son siège d'auto? Il y serait plus stable. Vous pouvez aller le chercher, svp?
- Hein? Le siège d'auto? (L'affaire qui pèse 1351 tonnes???) Oui, bien sûr.
J'ai couru à ma voiture. Par chance, je suis stationnée là où ça prend la fameuse tite vignette blanche et bleue. On l'apprécie vraiment, ce petit bout de plastique accroché au miroir, je vous jure. J'ai tiré comme une dingue sur les sangles pour les lousser. Niet. Incapable. X-Man, alias King-Kong, attache le siège si serré que... ben ça me prenait un autre King-Kong pour arracher l'affaire, quoi. J'ai couru dans la salle d'attente, ai interpellé gentiment mais sûrement le vieux monsieur rempli de bons conseils et il est accouru à mon secours. Quelques minutes (et sacres discrets plus tard), il est rentré dans la clinique, brandissant le siège-de-béton-coulé haut dans les airs. Il l'a laissé aux ambulanciers et a quitté la salle où se trouvait X-Boy sans mot dire. Avec un sourire-réconfort dont je me souviendrai toute ma vie. Dans les situations d'urgence, on s'attache à ce genre de petits détails qui laissent présumer que "ça ira bien, voyons".
J'ai tenu X-Boy le temps que les ambulanciers attachent le siège à la civière. Il a encore une fois fait une longue convulsion. Je pleurais un peu moins, voyant qu'il serait pris en charge très rapidement. Les ambulanciers ont demandé qui montait dans leur bolide avec le petit.
- X-Mom... je ne peux pas conduire ta voiture, elle est manuelle...
- C'est correct, Maman. Tu embarques avec X-Boy, j'amène la voiture à l'hôpital. C'est mieux ainsi... tu est trop nerveuse, tu ferais un accident. (JE disais "ça" au même moment où j'avais les nerfs dans les genoux... faut le faire!!!)
- Tu vas être correcte, X-Mom, au volant?
- Oui. Rassure-toi. Et ne pleure pas. X-Boy va être correct.
C'est là que je me suis dit que c'était fort, l'instinct maternel. Quand une mère voit la détresse chez sa propre mère, elle la console, l'épaule et l'aide à garder le moral. J'avoue que je ne me connaissais pas cette force. Et cet aplomb pour conduire comme une pro malgré les larmes, l'envie de hurler et de vomir qui me tenaillait jusqu'à mon arrivée à l'urgence.
Je suis arrivée 5 minutes avant l'ambulance. Je me suis dit, à la blague (blagueuse un jour) que je devrais devenir ambulancière, oui. Dah.
J'ai failli perdre connaissance pendant ces minutes d'attente. Un cerveau hyperproductif-de-scénarios-catastrophes ne peut faire autrement que d'imaginer:
a) l'ambulance a eu un accident
b) ma mère a fait un infarctus et ils sont immobilisés sur le bord de la route pour la réanimer
c) X-Boy a fait une convulsion si violente qu'ils doivent attendre avant de l'embarquer
d) la météorite prévue pour l'an 3001 a devancé sa trajectoire et vient de tomber sur la clinique de Ste-Banlieue
e) les étudiants manifestent devant une ambulance... question de faire les manchettes d'urgence
f) le siège d'auto s'est détaché et X-Boy s'est installé sur les genoux du chauffeur et ils rigolent comme larrons en foire
g) ils sont en route, tout va bien. Je ne mange plus jamais de céréales bio (ça me rend trop fertile de la neurone) le matin, promisjurécraché.
X-Boy est arrivé sur sa civière, les ambulanciers l'ont installé dans la salle de réanimation.
- Réanimation??? Euh...
Une infirmière m'a calmée. C'est le nom de la salle où l'on amène les patients avec un problème respiratoire. Respirons en coeur, avant que le coeur ne nous lâche...
L'urgentologue m'a posé 1001 questions pertinentes. Ma mère s'occupait de X-Boy qui continuait à faire ses joyeuses convulsions de plus en plus fréquemment. L'urgentologue a ordonné qu'on lui installe une aiguille intraveineuse et qu'on lui administre de l'Ativan. Afin d'enrayer les épisodes de convulsions trop fréquents. Aux deux minutes, c'est beaucoup...
Elle a ensuite téléphoné à Ste-Justine.
- Ste-Justine, Docteure?
- Oh oui... je ne sais pas quelle est la cause des convulsions de votre fils. Et comme il a un syndrome "connu" à Ste-Justine, je l'envoie immédiatement là-bas.
- J'appelle le papa. Il va nous y emmener.
- Mais non, X-Mom. Il part en ambulance sur-le-champ.
- Hein? En ambulance?
- C'est urgent, X-Mom. Votre fils respire difficilement.
Et là, la culpabilité mortelle s'est exprimée par mes jolies lèvres.
- Maudite mère indigne que je suis... Bordel de bordel, ça fait une semaine qu'il fait des épisodes de lèvres bleues, et moi, belle épaisse, je pensais que c'était "drôle" parce qu'il riait? Je croyais qu'il s'autostimulait de cette façon étrange? Bravo la grande... une grosse médaille de non-vigilance. Et en plus, je l'ai emmené dans un traitement hyperbare et c'est de ma faute s'il réagit ainsi au traitement!!! Si je ne l'avais pas emmené une semaine de temps, il serait peut-être correct? Bravo bravo bravo... tu mets la vie de ton fils en danger pour des "supposés résultats miraculeux" d'un traitement encore expérimental et qui coûte la peau des fesses!!! Et si je n'avais pas téléphoné à Info-Santé, je l'aurais laissé mourir chez nous tant qu'à y être? Parce que c'est clair que vous pouvez me retirer mon permis de "mère", j'ai échoué tous les examens en moins de deux heures...
Je sanglotais tellement que j'ai failli m'évanouir. Du grand drame de X-Mom. Ma mère m'a pris dans ses bras quand j'ai eu terminé de faire mon plaidoyer ultra-destructeur et m'a demandé d'écouter attentivement l'urgentologue. Ce que j'ai fait.
- X-Mom... c'est normal de pleurer, de paniquer, de vouloir trouver la cause. Si vous ne réagissiez pas ainsi, je serais inquiète. Vous essayez de prendre le blâme, ça serait moins difficile à supporter. Par contre, X-Boy fait des convulsions et ce n'est pas de votre faute. Vous n'auriez jamais pu provoquer ça. (Ne doutez pas de mes capacités Docteure, je suis forte! dah) Et pour hyperbare, vous n'avez pas inscrit X-Boy dans le but de lui nuire. Au contraire, vous avez choisi de l'aider. On ferait tout pour aider notre enfant. Et votre conjoint était d'accord, pour hyperbare?
- Oui. Bouhouhou.
- Alors vous êtes de très bons parents. Vous voulez le meilleur pour votre fils. On ne vous retirera pas votre permis de "mère", comme vous dites. Vous allez le conserver et y ajouter une mention d'honneur. Celui d'être là pour lui, en toutes circonstances. Vous allez d'ailleurs monter dans l'ambulance dans quelques minutes et vous assurer que le papa sera à Ste-Justine dans la prochaine heure. Vous pouvez faire ça, X-Mom?
- Voui. Maman, surveille X-Boy. Je téléphone à X-Man. Je reviens dans deux minutes.
***
Pour ceux qui se demandent comment se faisait-il que X-Man n'était pas avec moi, plutôt que ma mère? Pour la principale raison que X-Man, dans les situations d'urgence, n'est pas très "patient". Il panique et il me fait paniquer. N'allez pas croire qu'il aurait été incapable de vivre ce genre de situation, mais mon pressentiment me dictait de préférer ma mère pour le "début" de cette mésaventure. Et de laisser ensemble les hommes à la maison afin qu'ils "s'affairent" à leurs multiples petits travaux. Allez savoir, les mères, entre elles, se supportent et se complètent. Et se comprennent. Sans enlever aucune qualité à mon amoureux, vous aurez saisi la nuance. (Si vous ne la saisissez pas, c'est que vous êtes "un" lecteur... hahaha)
***
J'ai donc téléphoné à X-Man. Ce fut une annonce très difficile à faire. Surtout que X-Man n'écoutait pas vraiment et que j'ai dû répéter tous les détails au moins trois fois. J'ai résumé en points clairs:
- X-Man, tu prends 3-4 pyjamas pour X-Boy, plus des couches, des lingettes et un gobelet vide. Et son toutou et sa doudou, surtout ne pas oublier ceux-là.
- X-Man, on est à Ste-Banlieue. Tu peux venir nous rejoindre ici. On quitte pour Ste-Justine très très bientôt.
- X-Man, apporte-moi des Advil et une bouteille d'eau. Si j'ai diné? Non. Si j'ai faim? Non. Mais apporte-moi des craquelins.
- X-Man? Je t'aime. Arrive vite. Et conduis prudemment, ok?
Clic.
***
X-Man est arrivé à l'urgence de l'hôpital de Ste-Banlieue. Quand je l'ai vu, je lui ai souri. Ouf, il était là, sain et sauf. On s'est enlacé quelques secondes en pleurant discrètement. Puis il s'est avancé vers X-Boy.
- Oh.. il est déjà tout branché? Il a un moniteur cardiaque? Il est somnolent? Il est drogué?
- Oui X-Man... il est sous Ativan. Ça le calme... comme tu peux voir.
- Ça le calme solide... il a l'air d'un zombie.
- Tut tut, X-Man. Pas un zombie, un Schtroumpf. À lunettes. Hihihih!
Les infirmières ont ri. X-Man a ri aussi. Décidément, mon permis de "mère-comique" ne me serait pas enlevé même à l'urgence. Rhôôôô.
Ma mère attendait silencieusement tout près de X-Boy, en lui caressant la main.
Puis, elle a demandé ceci:
- X-Man? Papi-J est venu avec toi? Il est resté dans le stationnement?
- Euh... non. Il ne se sentait pas bien... il est resté à la maison pour continuer les rénovations.
Ma mère m'a regardé, le regard complice. Mon père ne supporte pas l'impuissance face à la maladie. Il préfère réparer des murs que d'être confronté à un mur construit sans logique humaine...
- Mamie-D, je vais aller te reconduire à la maison... X-Mom, je ramène ta mère et je pars pour Ste-Justine. On se retrouve là-bas.
J'ai serré ma mère si fort dans mes bras qu'on a failli devenir bleues à notre tour. Pour être dans le ton, quoi. Je lui ai demandé si tout allait être correct. Elle m'a répondu que oui, avec toute la confiance qu'elle pouvait trouver en elle. Elle a pris le bras de X-Man puis ils sont sortis de la salle de réanimation. On a installé X-Boy sur la civière, toute l'équipe médicale est embarquée dans l'ambulance. On m'a fait asseoir avec le conducteur. J'étais intriguée.
- Ça arrive souvent que le parent monte à l'avant?
- Oh non, X-Mom. C'est exceptionnel.
- Comme mon fils, ça Monsieur l'ambulancier. Comme mon fils.
Les gyrophares se sont activés puis l'ambulance s'est mise à rouler. À tasser le trafic. À défier les lumières rouges, à contourner les voitures. Bref, à rouler le plus vite possible. Dans le camion, se trouvaient X-Boy, l'urgentologue, l'inhalothérapeute, l'infirmière clinicienne et l'ambulancière. On veillait fort au grain. Tout au long du voyage, je n'ai entendu ni pleur ni plainte. X-Boy avait choisi cette balade comme moment idéal pour dormir un peu.
Bon choix bonhomme, parce que pour les jours suivants, tu ne dormiras pas beaucoup...
***
- X-Boy ne trouve pas ça drôle, X-Mom... je ne sais pas pourquoi il en revient aussi heureux.. mais il faut trouver pourquoi il en fait, des convulsions? S'il devient bleu, X-Mom, c'est qu'il ne respire plus...
J'ai cessé de respirer. Ma mère aussi. Les ambulanciers sont arrivés dans la salle d'observation. Deux gros monsieurs moustachus (même pas en novembre!) au sourire compatissant devant des visages maternels dévastés par les larmes et l'angoisse.
- X-Mom... avez-vous son siège d'auto? Il y serait plus stable. Vous pouvez aller le chercher, svp?
- Hein? Le siège d'auto? (L'affaire qui pèse 1351 tonnes???) Oui, bien sûr.
J'ai couru à ma voiture. Par chance, je suis stationnée là où ça prend la fameuse tite vignette blanche et bleue. On l'apprécie vraiment, ce petit bout de plastique accroché au miroir, je vous jure. J'ai tiré comme une dingue sur les sangles pour les lousser. Niet. Incapable. X-Man, alias King-Kong, attache le siège si serré que... ben ça me prenait un autre King-Kong pour arracher l'affaire, quoi. J'ai couru dans la salle d'attente, ai interpellé gentiment mais sûrement le vieux monsieur rempli de bons conseils et il est accouru à mon secours. Quelques minutes (et sacres discrets plus tard), il est rentré dans la clinique, brandissant le siège-de-béton-coulé haut dans les airs. Il l'a laissé aux ambulanciers et a quitté la salle où se trouvait X-Boy sans mot dire. Avec un sourire-réconfort dont je me souviendrai toute ma vie. Dans les situations d'urgence, on s'attache à ce genre de petits détails qui laissent présumer que "ça ira bien, voyons".
J'ai tenu X-Boy le temps que les ambulanciers attachent le siège à la civière. Il a encore une fois fait une longue convulsion. Je pleurais un peu moins, voyant qu'il serait pris en charge très rapidement. Les ambulanciers ont demandé qui montait dans leur bolide avec le petit.
- X-Mom... je ne peux pas conduire ta voiture, elle est manuelle...
- C'est correct, Maman. Tu embarques avec X-Boy, j'amène la voiture à l'hôpital. C'est mieux ainsi... tu est trop nerveuse, tu ferais un accident. (JE disais "ça" au même moment où j'avais les nerfs dans les genoux... faut le faire!!!)
- Tu vas être correcte, X-Mom, au volant?
- Oui. Rassure-toi. Et ne pleure pas. X-Boy va être correct.
C'est là que je me suis dit que c'était fort, l'instinct maternel. Quand une mère voit la détresse chez sa propre mère, elle la console, l'épaule et l'aide à garder le moral. J'avoue que je ne me connaissais pas cette force. Et cet aplomb pour conduire comme une pro malgré les larmes, l'envie de hurler et de vomir qui me tenaillait jusqu'à mon arrivée à l'urgence.
Je suis arrivée 5 minutes avant l'ambulance. Je me suis dit, à la blague (blagueuse un jour) que je devrais devenir ambulancière, oui. Dah.
J'ai failli perdre connaissance pendant ces minutes d'attente. Un cerveau hyperproductif-de-scénarios-catastrophes ne peut faire autrement que d'imaginer:
a) l'ambulance a eu un accident
b) ma mère a fait un infarctus et ils sont immobilisés sur le bord de la route pour la réanimer
c) X-Boy a fait une convulsion si violente qu'ils doivent attendre avant de l'embarquer
d) la météorite prévue pour l'an 3001 a devancé sa trajectoire et vient de tomber sur la clinique de Ste-Banlieue
e) les étudiants manifestent devant une ambulance... question de faire les manchettes d'urgence
f) le siège d'auto s'est détaché et X-Boy s'est installé sur les genoux du chauffeur et ils rigolent comme larrons en foire
g) ils sont en route, tout va bien. Je ne mange plus jamais de céréales bio (ça me rend trop fertile de la neurone) le matin, promisjurécraché.
X-Boy est arrivé sur sa civière, les ambulanciers l'ont installé dans la salle de réanimation.
- Réanimation??? Euh...
Une infirmière m'a calmée. C'est le nom de la salle où l'on amène les patients avec un problème respiratoire. Respirons en coeur, avant que le coeur ne nous lâche...
L'urgentologue m'a posé 1001 questions pertinentes. Ma mère s'occupait de X-Boy qui continuait à faire ses joyeuses convulsions de plus en plus fréquemment. L'urgentologue a ordonné qu'on lui installe une aiguille intraveineuse et qu'on lui administre de l'Ativan. Afin d'enrayer les épisodes de convulsions trop fréquents. Aux deux minutes, c'est beaucoup...
Elle a ensuite téléphoné à Ste-Justine.
- Ste-Justine, Docteure?
- Oh oui... je ne sais pas quelle est la cause des convulsions de votre fils. Et comme il a un syndrome "connu" à Ste-Justine, je l'envoie immédiatement là-bas.
- J'appelle le papa. Il va nous y emmener.
- Mais non, X-Mom. Il part en ambulance sur-le-champ.
- Hein? En ambulance?
- C'est urgent, X-Mom. Votre fils respire difficilement.
Et là, la culpabilité mortelle s'est exprimée par mes jolies lèvres.
- Maudite mère indigne que je suis... Bordel de bordel, ça fait une semaine qu'il fait des épisodes de lèvres bleues, et moi, belle épaisse, je pensais que c'était "drôle" parce qu'il riait? Je croyais qu'il s'autostimulait de cette façon étrange? Bravo la grande... une grosse médaille de non-vigilance. Et en plus, je l'ai emmené dans un traitement hyperbare et c'est de ma faute s'il réagit ainsi au traitement!!! Si je ne l'avais pas emmené une semaine de temps, il serait peut-être correct? Bravo bravo bravo... tu mets la vie de ton fils en danger pour des "supposés résultats miraculeux" d'un traitement encore expérimental et qui coûte la peau des fesses!!! Et si je n'avais pas téléphoné à Info-Santé, je l'aurais laissé mourir chez nous tant qu'à y être? Parce que c'est clair que vous pouvez me retirer mon permis de "mère", j'ai échoué tous les examens en moins de deux heures...
Je sanglotais tellement que j'ai failli m'évanouir. Du grand drame de X-Mom. Ma mère m'a pris dans ses bras quand j'ai eu terminé de faire mon plaidoyer ultra-destructeur et m'a demandé d'écouter attentivement l'urgentologue. Ce que j'ai fait.
- X-Mom... c'est normal de pleurer, de paniquer, de vouloir trouver la cause. Si vous ne réagissiez pas ainsi, je serais inquiète. Vous essayez de prendre le blâme, ça serait moins difficile à supporter. Par contre, X-Boy fait des convulsions et ce n'est pas de votre faute. Vous n'auriez jamais pu provoquer ça. (Ne doutez pas de mes capacités Docteure, je suis forte! dah) Et pour hyperbare, vous n'avez pas inscrit X-Boy dans le but de lui nuire. Au contraire, vous avez choisi de l'aider. On ferait tout pour aider notre enfant. Et votre conjoint était d'accord, pour hyperbare?
- Oui. Bouhouhou.
- Alors vous êtes de très bons parents. Vous voulez le meilleur pour votre fils. On ne vous retirera pas votre permis de "mère", comme vous dites. Vous allez le conserver et y ajouter une mention d'honneur. Celui d'être là pour lui, en toutes circonstances. Vous allez d'ailleurs monter dans l'ambulance dans quelques minutes et vous assurer que le papa sera à Ste-Justine dans la prochaine heure. Vous pouvez faire ça, X-Mom?
- Voui. Maman, surveille X-Boy. Je téléphone à X-Man. Je reviens dans deux minutes.
***
Pour ceux qui se demandent comment se faisait-il que X-Man n'était pas avec moi, plutôt que ma mère? Pour la principale raison que X-Man, dans les situations d'urgence, n'est pas très "patient". Il panique et il me fait paniquer. N'allez pas croire qu'il aurait été incapable de vivre ce genre de situation, mais mon pressentiment me dictait de préférer ma mère pour le "début" de cette mésaventure. Et de laisser ensemble les hommes à la maison afin qu'ils "s'affairent" à leurs multiples petits travaux. Allez savoir, les mères, entre elles, se supportent et se complètent. Et se comprennent. Sans enlever aucune qualité à mon amoureux, vous aurez saisi la nuance. (Si vous ne la saisissez pas, c'est que vous êtes "un" lecteur... hahaha)
***
J'ai donc téléphoné à X-Man. Ce fut une annonce très difficile à faire. Surtout que X-Man n'écoutait pas vraiment et que j'ai dû répéter tous les détails au moins trois fois. J'ai résumé en points clairs:
- X-Man, tu prends 3-4 pyjamas pour X-Boy, plus des couches, des lingettes et un gobelet vide. Et son toutou et sa doudou, surtout ne pas oublier ceux-là.
- X-Man, on est à Ste-Banlieue. Tu peux venir nous rejoindre ici. On quitte pour Ste-Justine très très bientôt.
- X-Man, apporte-moi des Advil et une bouteille d'eau. Si j'ai diné? Non. Si j'ai faim? Non. Mais apporte-moi des craquelins.
- X-Man? Je t'aime. Arrive vite. Et conduis prudemment, ok?
Clic.
***
X-Man est arrivé à l'urgence de l'hôpital de Ste-Banlieue. Quand je l'ai vu, je lui ai souri. Ouf, il était là, sain et sauf. On s'est enlacé quelques secondes en pleurant discrètement. Puis il s'est avancé vers X-Boy.
- Oh.. il est déjà tout branché? Il a un moniteur cardiaque? Il est somnolent? Il est drogué?
- Oui X-Man... il est sous Ativan. Ça le calme... comme tu peux voir.
- Ça le calme solide... il a l'air d'un zombie.
- Tut tut, X-Man. Pas un zombie, un Schtroumpf. À lunettes. Hihihih!
Les infirmières ont ri. X-Man a ri aussi. Décidément, mon permis de "mère-comique" ne me serait pas enlevé même à l'urgence. Rhôôôô.
Ma mère attendait silencieusement tout près de X-Boy, en lui caressant la main.
Puis, elle a demandé ceci:
- X-Man? Papi-J est venu avec toi? Il est resté dans le stationnement?
- Euh... non. Il ne se sentait pas bien... il est resté à la maison pour continuer les rénovations.
Ma mère m'a regardé, le regard complice. Mon père ne supporte pas l'impuissance face à la maladie. Il préfère réparer des murs que d'être confronté à un mur construit sans logique humaine...
- Mamie-D, je vais aller te reconduire à la maison... X-Mom, je ramène ta mère et je pars pour Ste-Justine. On se retrouve là-bas.
J'ai serré ma mère si fort dans mes bras qu'on a failli devenir bleues à notre tour. Pour être dans le ton, quoi. Je lui ai demandé si tout allait être correct. Elle m'a répondu que oui, avec toute la confiance qu'elle pouvait trouver en elle. Elle a pris le bras de X-Man puis ils sont sortis de la salle de réanimation. On a installé X-Boy sur la civière, toute l'équipe médicale est embarquée dans l'ambulance. On m'a fait asseoir avec le conducteur. J'étais intriguée.
- Ça arrive souvent que le parent monte à l'avant?
- Oh non, X-Mom. C'est exceptionnel.
- Comme mon fils, ça Monsieur l'ambulancier. Comme mon fils.
Les gyrophares se sont activés puis l'ambulance s'est mise à rouler. À tasser le trafic. À défier les lumières rouges, à contourner les voitures. Bref, à rouler le plus vite possible. Dans le camion, se trouvaient X-Boy, l'urgentologue, l'inhalothérapeute, l'infirmière clinicienne et l'ambulancière. On veillait fort au grain. Tout au long du voyage, je n'ai entendu ni pleur ni plainte. X-Boy avait choisi cette balade comme moment idéal pour dormir un peu.
Bon choix bonhomme, parce que pour les jours suivants, tu ne dormiras pas beaucoup...
***
lundi 16 avril 2012
Quand Hyperboy devient Schtroumpf-Boy (et revient à X-Boy, enfin!!!)
2 semaines que je n'ai pas ouvert mon blogue...
Certains d'entre vous savent le pourquoi du silence. Pour les autres (et ceux qui aiment mon radotage intempestif!), lisez ceci. Posologie: lire d'un trait puis allez prendre une bouffée d'air pour éviter d'avoir l'air d'un Schtroumpf vous aussi, tiens!
"La brève histoire de Hyperboy", Partie 1 de 1
X-Boy a fait son hyperbare pendant une semaine. Chaque soir, vers 17h00, dès le lundi, X-Boy devenait bleu de la lèvre en plein souper. L'espace d'une seconde. Mais ho, X-Mom A L'OEIL AVISÉ et rien ne lui échappe. Sauf que X-Boy, lui, après s'être fabriqué du bleu à lèvre tout seul, éclatait de rire. Avec X-Man, on avait conclu: "Bon, une nouvelle sorte de stimulation? X-Boy, décidément, tu nous en fait voir de toutes les couleurs" (rire épais ici, mais on l'a dite quand même, cette nounounerie!).
Dès le mardi matin, 10 minutes avant d'entrer dans le caisson, j'ai mentionné le phénomène "bleuissant" au technicien d'hyperbare (qui est scaphandrier de métier) qui a ri et m'a dit de ne pas m'inquiéter. Bon, j'ai passé l'info à l'infirmière qui entrait avec nous dans le caisson ce matin-là. Elle m'a regardée, intriguée: "Est-ce qu'il avait froid?".
Là, mes neurones se sont touchées. J'ai failli répondre bêtement que s'il était gelé au point de devenir bleu, j'aurais comme fait quelque chose, Madame!!!!!!!!!! Si ton gamin fait de l'hypothermie parce que ta maison n'est pas assez chauffée, il y a comme une DPJ à téléphoner, non???
Mais j'ai été gentille et elle m'a dit qu'elle n'avait jamais entendu parler de ce genre de réaction après des traitements hyperbare.
Point barre sur la "situation", donc. Je suis restée sage avec mes angoisses, me disant que X-Boy se la pétait avec ce super-pouvoir-maquillage-de-soirée.
Le jeudi soir, X-Boy se les faisaient de plus en plus bleues, les lèvres. J'ai commencé à m'inquiéter. Avec X-Man, on en a parlé beaucoup. Est-ce hyperbare qui lui cause ceci? Est-ce qu'il se fait un trip de "coupage d'oxygène" comme les ados? Parce qu'il fallait voir le gamin revenir de sa "bleuetterie" totalement euphorique et rigolant aux éclats. X-Boy était donc déjà accroc aux sensations fortes? Soit.
Vendredi, il a fait son 5e traitement en hyperbare. Le soir, toujours vers 17h00, il a refait les lèvres bleues. MAIS le visage a changé aussi de couleur. La sonnette de "fuck, mon gamin ne VA PAS BIEN!!!" s'est faite entendre dans mes neurones. X-Man et moi avons convenu de "laisser aller", si ça le fait rire autant, ça ne doit pas être inquiétant...
Cette nuit-là, mes antennes de mère m'ont empêchée de dormir. J'avais le coeur qui battait trop vite... comme les nuits qui précèdent les jours où je gagne un concours. Sans blague, chaque fois que je gagne, la veille, je ne dors pas bien. Sauf que cette fois, je n'avais participé à rien d'excitant, sauf au Concours du Seul Opitz-C Canadien...
Samedi matin, X-Boy ne voulait PAS se réveiller. 8h00, 8h30, 9h00... À 9h30, j'ai commencé à être très inquiète. X-Man essayait de me rappeler que je rêve, d'ordinaire, d'avoir mon samedi matin pour me clancher tous les cahiers de La Presse tranquille, mais ce matin-là, j'étais incapable de me concentrer sur l'avenir des acteurs français... J'ai réveillé X-Boy de force. Il avait la tête lourde, le regard pas trop présent. Hum...
Mes parents, qui venaient cette journée-là pour aider X-Man dans des petits travaux de rénovation (afin de pouvoir être assurés!), sont arrivés peu avant 10h00. Mon père et X-Man sont partis au Rot-nhâ et ma mère a fait déjeuner le petit. En mangeant, il est devenu bleu. Et ses yeux se sont tournés vers le ciel. J'ai crié. "TU VOIS!!! IL SE PASSE QUELQUE CHOSE D'ANORMAL, MAMAN!!!". Ma mère, plus "sage", a tenté de me rassurer.
- X-Mom... calme-toi. Tu vois, il rit.
- Justement!!! IL RIT!!! IL TRIPPE OU QUOI??? C'est pas vraiment drôle, comme buzz??? Il fait ça depuis qu'il a commencé hyperbare... Ça ne lui fait pas, je crois.
- Attends un peu... Téléphone à Info-Santé, ils t'expliqueront peut-être.
- Bonne idée.
J'ai commencé à expliquer le "cas" à l'infirmière. Je rigolais, racontant que mon fils se plaisait à se prendre pour un Schtroumpf (tactique pour cacher mon envie de pleurer au téléphone) et l'infirmière a été très sérieuse. Elle a dit ce que je ne voulais pas entendre.
- X-Mom, ce n'est PAS normal. Ni amusant pour X-Boy. Un visage bleu signifie qu'il manque d'oxygène. Qu'il ne peut pas respirer normalement. Et puisque ça s'intensifie de jour en jour, ça indique qu'il a un problème sérieux. Vous allez immédiatement à l'urgence, X-Mom. À Ste-Justine, puisqu'il y est connu pour son syndrome.
- ... D'accord. Merci Madame.
En raccrochant, X-Boy a bleui de tout le visage et ses yeux ont révulsés. Et sa tête est tombée sur le côté. Ma mère le retenait et j'ai vu dans son visage l'inquiétude sérieuse qu'on essayait tous de se cacher en ce matin tranquille...
J'ai téléphoné à une clinique de Ste-Banlieue qui fait du sans rendez-vous le samedi. La secrétaire m'a indiqué qu'il n'y avait plus de place. Je lui ai expliqué la situation et que c'était urgent que je vois un doc. Avec un gamin handicapé, pas question que je poireaute à l'urgence si ce n'est pas grave. Elle m'a dit d'arriver dans 15 minutes.
X-Man est revenu avec mon père à cet instant.
- X-Man, je pars avec X-Boy et ma mère à la clinique. X-Boy ne va vraiment pas bien. Il devient bleu de plus en plus longtemps et de plus en plus souvent.
À cet instant, X-Boy est devenu bleu puis est tombé tout mou dans les bras de ma mère, pour la deuxième fois.
- Tu vois, "ça", ça fait 2 fois en 5 minutes! Je pars.
- Mais X-Mom, tu paniques peut-être pour rien? (Bien essayé, X-Man...)
- JE sais quand il faut agir. Fie-toi sur moi, X-Boy a besoin d'aide pour retrouver sa respiration. Tu restes ici avec mon père, vous faites les rénos tranquille (bonne chance) et je t'appelle dès que j'ai un diagnostic.
En 30 secondes, le sac de survie de X-Boy était prêt et nous étions dans ma voiture.
Dans la salle d'attente, X-Boy respirait de plus en plus vite, de plus en plus fort. Une mère assise un peu plus loin m'a regardée avec inquiétude.
- Euh... Madame.. votre fils ne va pas bien. Ça s'entend. Vous devriez aller à l'urgence.
J'ai expliqué rapidement les symptômes du petit. Les autres patients écoutaient bien attentivement. Un monsieur âgé m'a rassurée, je n'ai pas réussi à lui sourire.
X-Boy s'est complètement affaissé sur moi à ce moment. Ses yeux étaient complètement révulsés et il ne respirait plus du tout. J'ai crié très fort son nom. La mère "inconnue" a couru au bureau du docteur, le vieux monsieur m'a crié de lui faire la respiration artificielle. Ce que j'ai fait... tout en pleurant. Ma mère s'est mise à pleurer aussi. Le docteur est arrivé en catastrophe avec l'infirmière.
Dans le bureau, j'ai dévêti X-Boy en tremblant comme jamais puis l'infirmière lui a donné de l'oxygène. J'ai réexpliqué les symptômes, le lien avec hyperbare, la fréquence des lèvres bleues, les rires après les incidents.. Le doc a immédiatement téléphoné au 911.
- Vous partez en ambulance pour l'hôpital de Ste-Banlieue. Votre fils fait des convulsions inexpliquées.
- Des convulsions???
- Oui X-Mom.
***
Je fais du vrai feuilleton. Je vous laisse ici avec une grosse musique de suspense parce que bordel, j'arrive jamais à écrire tout ce que je veux dans le temps voulu et que ça m'énerve de garder du texte en "brouillon". Déformation d'hyperactive littéraire!!!
***
Certains d'entre vous savent le pourquoi du silence. Pour les autres (et ceux qui aiment mon radotage intempestif!), lisez ceci. Posologie: lire d'un trait puis allez prendre une bouffée d'air pour éviter d'avoir l'air d'un Schtroumpf vous aussi, tiens!
"La brève histoire de Hyperboy", Partie 1 de 1
X-Boy a fait son hyperbare pendant une semaine. Chaque soir, vers 17h00, dès le lundi, X-Boy devenait bleu de la lèvre en plein souper. L'espace d'une seconde. Mais ho, X-Mom A L'OEIL AVISÉ et rien ne lui échappe. Sauf que X-Boy, lui, après s'être fabriqué du bleu à lèvre tout seul, éclatait de rire. Avec X-Man, on avait conclu: "Bon, une nouvelle sorte de stimulation? X-Boy, décidément, tu nous en fait voir de toutes les couleurs" (rire épais ici, mais on l'a dite quand même, cette nounounerie!).
Dès le mardi matin, 10 minutes avant d'entrer dans le caisson, j'ai mentionné le phénomène "bleuissant" au technicien d'hyperbare (qui est scaphandrier de métier) qui a ri et m'a dit de ne pas m'inquiéter. Bon, j'ai passé l'info à l'infirmière qui entrait avec nous dans le caisson ce matin-là. Elle m'a regardée, intriguée: "Est-ce qu'il avait froid?".
Là, mes neurones se sont touchées. J'ai failli répondre bêtement que s'il était gelé au point de devenir bleu, j'aurais comme fait quelque chose, Madame!!!!!!!!!! Si ton gamin fait de l'hypothermie parce que ta maison n'est pas assez chauffée, il y a comme une DPJ à téléphoner, non???
Mais j'ai été gentille et elle m'a dit qu'elle n'avait jamais entendu parler de ce genre de réaction après des traitements hyperbare.
Point barre sur la "situation", donc. Je suis restée sage avec mes angoisses, me disant que X-Boy se la pétait avec ce super-pouvoir-maquillage-de-soirée.
Le jeudi soir, X-Boy se les faisaient de plus en plus bleues, les lèvres. J'ai commencé à m'inquiéter. Avec X-Man, on en a parlé beaucoup. Est-ce hyperbare qui lui cause ceci? Est-ce qu'il se fait un trip de "coupage d'oxygène" comme les ados? Parce qu'il fallait voir le gamin revenir de sa "bleuetterie" totalement euphorique et rigolant aux éclats. X-Boy était donc déjà accroc aux sensations fortes? Soit.
Vendredi, il a fait son 5e traitement en hyperbare. Le soir, toujours vers 17h00, il a refait les lèvres bleues. MAIS le visage a changé aussi de couleur. La sonnette de "fuck, mon gamin ne VA PAS BIEN!!!" s'est faite entendre dans mes neurones. X-Man et moi avons convenu de "laisser aller", si ça le fait rire autant, ça ne doit pas être inquiétant...
Cette nuit-là, mes antennes de mère m'ont empêchée de dormir. J'avais le coeur qui battait trop vite... comme les nuits qui précèdent les jours où je gagne un concours. Sans blague, chaque fois que je gagne, la veille, je ne dors pas bien. Sauf que cette fois, je n'avais participé à rien d'excitant, sauf au Concours du Seul Opitz-C Canadien...
Samedi matin, X-Boy ne voulait PAS se réveiller. 8h00, 8h30, 9h00... À 9h30, j'ai commencé à être très inquiète. X-Man essayait de me rappeler que je rêve, d'ordinaire, d'avoir mon samedi matin pour me clancher tous les cahiers de La Presse tranquille, mais ce matin-là, j'étais incapable de me concentrer sur l'avenir des acteurs français... J'ai réveillé X-Boy de force. Il avait la tête lourde, le regard pas trop présent. Hum...
Mes parents, qui venaient cette journée-là pour aider X-Man dans des petits travaux de rénovation (afin de pouvoir être assurés!), sont arrivés peu avant 10h00. Mon père et X-Man sont partis au Rot-nhâ et ma mère a fait déjeuner le petit. En mangeant, il est devenu bleu. Et ses yeux se sont tournés vers le ciel. J'ai crié. "TU VOIS!!! IL SE PASSE QUELQUE CHOSE D'ANORMAL, MAMAN!!!". Ma mère, plus "sage", a tenté de me rassurer.
- X-Mom... calme-toi. Tu vois, il rit.
- Justement!!! IL RIT!!! IL TRIPPE OU QUOI??? C'est pas vraiment drôle, comme buzz??? Il fait ça depuis qu'il a commencé hyperbare... Ça ne lui fait pas, je crois.
- Attends un peu... Téléphone à Info-Santé, ils t'expliqueront peut-être.
- Bonne idée.
J'ai commencé à expliquer le "cas" à l'infirmière. Je rigolais, racontant que mon fils se plaisait à se prendre pour un Schtroumpf (tactique pour cacher mon envie de pleurer au téléphone) et l'infirmière a été très sérieuse. Elle a dit ce que je ne voulais pas entendre.
- X-Mom, ce n'est PAS normal. Ni amusant pour X-Boy. Un visage bleu signifie qu'il manque d'oxygène. Qu'il ne peut pas respirer normalement. Et puisque ça s'intensifie de jour en jour, ça indique qu'il a un problème sérieux. Vous allez immédiatement à l'urgence, X-Mom. À Ste-Justine, puisqu'il y est connu pour son syndrome.
- ... D'accord. Merci Madame.
En raccrochant, X-Boy a bleui de tout le visage et ses yeux ont révulsés. Et sa tête est tombée sur le côté. Ma mère le retenait et j'ai vu dans son visage l'inquiétude sérieuse qu'on essayait tous de se cacher en ce matin tranquille...
J'ai téléphoné à une clinique de Ste-Banlieue qui fait du sans rendez-vous le samedi. La secrétaire m'a indiqué qu'il n'y avait plus de place. Je lui ai expliqué la situation et que c'était urgent que je vois un doc. Avec un gamin handicapé, pas question que je poireaute à l'urgence si ce n'est pas grave. Elle m'a dit d'arriver dans 15 minutes.
X-Man est revenu avec mon père à cet instant.
- X-Man, je pars avec X-Boy et ma mère à la clinique. X-Boy ne va vraiment pas bien. Il devient bleu de plus en plus longtemps et de plus en plus souvent.
À cet instant, X-Boy est devenu bleu puis est tombé tout mou dans les bras de ma mère, pour la deuxième fois.
- Tu vois, "ça", ça fait 2 fois en 5 minutes! Je pars.
- Mais X-Mom, tu paniques peut-être pour rien? (Bien essayé, X-Man...)
- JE sais quand il faut agir. Fie-toi sur moi, X-Boy a besoin d'aide pour retrouver sa respiration. Tu restes ici avec mon père, vous faites les rénos tranquille (bonne chance) et je t'appelle dès que j'ai un diagnostic.
En 30 secondes, le sac de survie de X-Boy était prêt et nous étions dans ma voiture.
Dans la salle d'attente, X-Boy respirait de plus en plus vite, de plus en plus fort. Une mère assise un peu plus loin m'a regardée avec inquiétude.
- Euh... Madame.. votre fils ne va pas bien. Ça s'entend. Vous devriez aller à l'urgence.
J'ai expliqué rapidement les symptômes du petit. Les autres patients écoutaient bien attentivement. Un monsieur âgé m'a rassurée, je n'ai pas réussi à lui sourire.
X-Boy s'est complètement affaissé sur moi à ce moment. Ses yeux étaient complètement révulsés et il ne respirait plus du tout. J'ai crié très fort son nom. La mère "inconnue" a couru au bureau du docteur, le vieux monsieur m'a crié de lui faire la respiration artificielle. Ce que j'ai fait... tout en pleurant. Ma mère s'est mise à pleurer aussi. Le docteur est arrivé en catastrophe avec l'infirmière.
Dans le bureau, j'ai dévêti X-Boy en tremblant comme jamais puis l'infirmière lui a donné de l'oxygène. J'ai réexpliqué les symptômes, le lien avec hyperbare, la fréquence des lèvres bleues, les rires après les incidents.. Le doc a immédiatement téléphoné au 911.
- Vous partez en ambulance pour l'hôpital de Ste-Banlieue. Votre fils fait des convulsions inexpliquées.
- Des convulsions???
- Oui X-Mom.
***
Je fais du vrai feuilleton. Je vous laisse ici avec une grosse musique de suspense parce que bordel, j'arrive jamais à écrire tout ce que je veux dans le temps voulu et que ça m'énerve de garder du texte en "brouillon". Déformation d'hyperactive littéraire!!!
***
vendredi 30 mars 2012
Semaine 1 en immersion: terminée!
On refait surface tranquillement. Et je vais arrêter de vous faire dans le champ lexical sous-marin, promis. Mais c'est trop facile, hiiiii!
Première semaine de traitements: check (comme c'est la mode d'inscrire partout).
Ça s'est bien passé, dis?
Moui. Le "m" parce que la naïveté de X-Boy s'est transformée en pleurs et contestations dès mardi matin. Après 20 minutes, Môsieur décide que c'est assez, ce foutu casque que vous me foutez sur la tête, bon! Et il gigote, il pleure, il se tortille, tel un drogué qu'on met en sevrage dans une pièce sans issue.
En fait, X-Boy vit un réel sevrage. Un sevrage sensoriel, voire buccal. Le petit ne peut plus mettre sa main ou tout autre objet (non contondant, dites je le jure) dans sa bouche. Que nenni, petit champion. Il n'y aura rien qui ira dans ta bouche pour une looooongue heure. Surprise, hein? C'est déroutant comme sensation d'utiliser ses deux mains, hein?
Allez savoir, je trouve ça triste de le voir ainsi outré dans ses droits et libertés, mais mon coeur de thérapeute-ergo-physio (sans les papiers je sais) me dit: Oh yeah, X-Boy!!! Quelle belle façon de te montrer "l'autre main"!!! Pis pleure tant que tu voudras, si hyperbare sert juste à ça à la toute fin, eh bien moi et nous, tes supporters, seront top-fiers que tu comprennes enfin que ta bouche peut survivre seule et que à deux mains, ça avance diable plus vite dans la vie!!!
***
Sinon, X-Boy a fait des progrès incroyables cette semaine: il a planté son premier thuya en Colombie-Britannique et il a écrit le prochain discours de Obama.
***
Je vais arrêter ça aussi. C'est malsain de jouer ainsi avec les nerfs des gens. Tilidipididou.
***
Sérieusement, je ne peux dire si c'est grâce à hyperbare, mais X-Boy a le regard plus grand. Il observe autour de lui et il me suit plus rapidement dans la maison. La nature qui suit son cours? L'oxygène qui prend sa place et crée des connexions? Aucune idée.
Tout ce que je sais, c'est que X-Boy va bien, qu'il rit plus fort, qu'il fait de nouveaux sons et qu'il m'appelle "Gu-Bou" et que X-Man, c'est "Gue". C'est un début, non?
Oui.
Et aussi, ce que je sais, c'est que l'oxygénothérapie, ça te fatigue et les mômes et les parents.
Alors chez nous, cette semaine, entre 15h00 et 16h00, ça ronfle.
Vous avez bien lu.
ON dort.
D'ailleurs, je vais bientôt passer mon heure.
Bonne doudou tout le monde.
(Désolée pour ceux qui travaillent en après-midi... vous aviez qu'à avoir un enfant handicapé!) Hahaha.
Première semaine de traitements: check (comme c'est la mode d'inscrire partout).
Ça s'est bien passé, dis?
Moui. Le "m" parce que la naïveté de X-Boy s'est transformée en pleurs et contestations dès mardi matin. Après 20 minutes, Môsieur décide que c'est assez, ce foutu casque que vous me foutez sur la tête, bon! Et il gigote, il pleure, il se tortille, tel un drogué qu'on met en sevrage dans une pièce sans issue.
En fait, X-Boy vit un réel sevrage. Un sevrage sensoriel, voire buccal. Le petit ne peut plus mettre sa main ou tout autre objet (non contondant, dites je le jure) dans sa bouche. Que nenni, petit champion. Il n'y aura rien qui ira dans ta bouche pour une looooongue heure. Surprise, hein? C'est déroutant comme sensation d'utiliser ses deux mains, hein?
Allez savoir, je trouve ça triste de le voir ainsi outré dans ses droits et libertés, mais mon coeur de thérapeute-ergo-physio (sans les papiers je sais) me dit: Oh yeah, X-Boy!!! Quelle belle façon de te montrer "l'autre main"!!! Pis pleure tant que tu voudras, si hyperbare sert juste à ça à la toute fin, eh bien moi et nous, tes supporters, seront top-fiers que tu comprennes enfin que ta bouche peut survivre seule et que à deux mains, ça avance diable plus vite dans la vie!!!
***
Sinon, X-Boy a fait des progrès incroyables cette semaine: il a planté son premier thuya en Colombie-Britannique et il a écrit le prochain discours de Obama.
***
Je vais arrêter ça aussi. C'est malsain de jouer ainsi avec les nerfs des gens. Tilidipididou.
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Sérieusement, je ne peux dire si c'est grâce à hyperbare, mais X-Boy a le regard plus grand. Il observe autour de lui et il me suit plus rapidement dans la maison. La nature qui suit son cours? L'oxygène qui prend sa place et crée des connexions? Aucune idée.
Tout ce que je sais, c'est que X-Boy va bien, qu'il rit plus fort, qu'il fait de nouveaux sons et qu'il m'appelle "Gu-Bou" et que X-Man, c'est "Gue". C'est un début, non?
Oui.
Et aussi, ce que je sais, c'est que l'oxygénothérapie, ça te fatigue et les mômes et les parents.
Alors chez nous, cette semaine, entre 15h00 et 16h00, ça ronfle.
Vous avez bien lu.
ON dort.
D'ailleurs, je vais bientôt passer mon heure.
Bonne doudou tout le monde.
(Désolée pour ceux qui travaillent en après-midi... vous aviez qu'à avoir un enfant handicapé!) Hahaha.
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